L'électricité en France

Production consommation

Pour bien comprendre le problème des éoliennes, il est important d'avoir des idées précises sur l'électricité en France, en Europe et dans le monde.

1 - Le marché français et européen de l'électricité :

                    a - Quelques chiffres :

Au "départ ", la France était à peu près indépendante : c'est à dire qu'on produisait de façon autonome l'électricité  dont on avait besoin. Très vite on a été connectés avec quelques proches voisins (Allemagne notamment).

Aujourd'hui, les réseaux électriques des pays européens sont interconnectés : l'électricité que l'on consomme peut avoir été produite en France mais aussi en Allemagne, en Belgique, etc...   Ce qui fait que chaque pays importe ou exporte l'électricité qu'elle produit ou dont elle a besoin. Et c'est RTE qui gère le transport de l'électricité en France (RTE = Réseau de Transport d'Electricité). Vous trouverez de nombreuses informations sur leur site internet : www.rte-france.com

C'est une notion  peu évidente que l'on va essayer d'illustrer pour mieux comprendre :

En 2012, la France a produit  541 Tw.h d'électricité (pour bien comprendre les unités employées, lire l'article : Notions générales sur l'éolien. 1 Tw.h = 1.000 millions de Kw.h ) alors que  nous en avons consommé  490 Tw.h. En 2012, la France a donc produit plus d'électricité qu'elle en a produite. Sur l'année, elle a donc été exportatrice d'environ 50 Tw.h mais, en fait, les échanges avec nos voisins sont constants : importations et exportations sont quotidiennes et les 50 Tw.h en question ne sont qu'un bilan annuel.

Pour exemple, en 2012, nous avons importé et exporté de l'électricité avec les pays suivants : Angleterre (import : 1,9 Tw.h - export : 8,4 Twh), Espagne (import : 4,0 - export : 5,8), Belgique (import : 1,9 - export : 13,9), Allemagne (import : 13,9 - export : 5,2), Suisse (import : 7,0 - export : 24,5), Italie (import : 0,6 - export : 15,7). A noter que  - contrairement à une idée reçue -  notre solde avec l'Allemagne est importateur. C'est à tort qu'on pense que l'Allemagne s'approvisionne beaucoup en France depuis qu'elle a mis ses centrales nucléaires au repos. L'allemagne nous vend plus d'électricité qu'elle ne nous en achète.   [tous les chiffres ci-dessus sont tirés du bilan électrique 2012 de RTE)

Les maître-mots sont  lâchés !  VENDRE  et  ACHETER :  là est bien le noeud du problème. L'électricité, comme le reste s'achète et se vend et les prix varient constamment selon la loi de l'offre et de la demande : en période de pointe, le prix peut atteindre des cours affolants dépassants les 100 € le Mw.h, alors qu'en période de forte production, le prix s'écroule. Il n'est pas rare de voir des pays "donner" de l'argent pour qu'on les soulage de leur production électriques. Nous en reparlerons sans doute un peu plus loin  ou dans un autre article.

NB :  La France, comme souvent, est - en 2012 - le pays le plus exportateur d'électricité. A l'opposé, c'est l'Italie qui est le pays le plus importateur

                    b - la production française d'électricité :

 La France présente une caractéristique majeure par rapport aux autres pays : elle produit environ 75 % de son électricité via les centrales nucléaires. Ainsi, en 2012, le nucléaire a fournit 405 Tw.h d'électricité sur les 541 Tw.h produits (74,86%). Avec ses 58 réacteurs (19 centrales), la France est le leader européen de production d'électricité nucléaire.

Le reste de la production est assez constant quelques soient les années : l'hydraulique fournit un peu plus de 10% (64 Tw.h en 2012 - 11,8%). Le Thermique à flamme (gaz, charbon, pétrole) un peu moins de 10% (48 Tw.h en 2012 - 8,9%). Viennent ensuite, et dans l'ordre, l'éolien (14,9 Tw.h en 2012 - 2,75%), le photovoltaïque (4 Tw.h en 2012 - 0,74%) et diverses autres sources d'énergies renouvelables (biomasse, biogaz, etc... : 5,9 Tw.h toutes réunies en 2012).

                    c - Place de l'éolien :

De ces quelques chiffres, se dégage le panorama suivant :

On compte environ 4.000 éoliennes actuellement en France pour une puissance installée proche de 7.500 Mw (soit en moyenne un peu moins de 2 Mw par éolienne) et la production approche les 15 Tw.h (14,9 pour être précis en 2012). Soit  MOINS  de  3 % de la production électrique.

La folie éolienne augmente chaque année. Evolution sur les années passées :

                                                  Puissance                       Production

2012 :                                        7449                                        14,9

2011 :                                         6692                                        12,1

2010 :                                         5764                                          9,7

2009 :                                        4574                                           7,9

2008 :                                        3327                                           5,6

2007 :                                         2250                                          4,0

2006 :                                        1502                                            2,3

2005 :                                          752                                            1,0

En 7 ans, on a multiplié la puissance par 10 et la production par 15. Mais, en 2005, on ne comptait que quelques centaines d'éoliennes, contre 4.000 aujourd'hui.

Pour 2020, les objectifs du Grenelle de l'environnement - pour la France - sont de 25.000 Mw de puissance (19.000 sur terre et 6.000 en mer). Cela reviendrait  à installer entre 4.000 et 5.000 éoliennes de plus aujourd'hui sur terre et entre1.000 et 2.000 en mer....

                    d - Les pertes en lignes et usine de retraitement de l'uranium du Trivastin à Pierrelatte (Drôme).

- Comme pour beaucoup de phénomènes physiques, il y a déperdition avec le transport. L'électricité produite à un endroit peut être consommée à des milliers de kilomètres plus loin. En supposant que toute l'électricité soit produite à un seul endroit et que toute l'électricité soit consommée également à un seul endroit mais situé à 1000 km du lieu de production, sur 100 Twh produit, il y aurait un peu moins de 1000 Twh consommés. La différence représente la perte en ligne.

C'est bien ce qui se passe au niveau national : sur nos 541 Tw.h produits en France, il y a des pertes en lignes liées au transport sur des grandes distances. Ce qu'il est important d'appréhender, c'est l'ordre de grandeur des pertes en lignes ! Elles sont d'environ 15 à 20 Tw.h si on cumule les pertes sur le réseau de transport (RTE) et le réseau de distribution (Régies et ERDF).

On voit donc qu'elles représentent, à elles seules, plus que la production éolienne actuelle. C'est là une raison de réfléchir à la production éolienne. Elle ne représente même pas les pertes en ligne !

- Certaines usines françaises sont de très grosses consommatrices d'électricité et, à ce titre, sont des clients priviligiés de RTE. Une des plus grosses est l'usine d'enrichissement d'uranium située au Tricastin sur la commune de Pierrelatte dans la Drôme. Son activité nécessite une consommation faramineuse d'électricité !

A elle seule elle consomme aux alentours de 16 Tw.h par an. C'est à dire la même quantité que la production éolienne ! Là encore, il y a lieu de réfléchir à cette production éolienne...

Le battage fait autour de la production éolienne est phénoménal : grâce à l'éolien, nous serions sauvés de tout ! La réalité est beaucoup plus platonique : toutes nos éoliennes réunies, produisent moins que la consommation annuelle d'une seule usine française et la quantité produite représente l'équivalent de ce qui se perd en transport...!!!

Dans n'importe quel domaine industriel, un quidam qui aurait de tels résultats ne serait pas montré en exemple mais plutôt grandement moqué... Et sans doute à juste titre !

Imaginons un instant un industriel qui prétendrait faire rouler nos voitures avec un carburant entièrement nouveau et révolutionnaire de sa production et qui proposerait de fabriquer ce carburant un peu partout en France en sachant que la production totale serait à peu près équivalente à ce qu'il se perd d'essence en évaporation lors des pleins de nos réservoirs et que cette même production serait inférieure à ce que consomme la plus "gourmande" de nos voitures. Qui lui proposerait de racheter sa production plus chère que notre essence et le montrerait en sauveur de l'humanité ?

C'est pourtant bien ce que l'on fait chez nous avec l'énergie éolienne ! Nous y reviendrons dans le prochain article.

 

2 - L'électricité en Europe et dans le monde.

C'est bien beau de savoir que nous produisons environ 540 Tw.h et que nous en consommons 490 Tw.h. Encore faut-il voir ce qui se fait ailleurs pour comparer.

 

 

Article  en  cours  d'écriture

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